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Une communauté nouvelle surgie dans la prière sous le souffle de l'Esprit Saint
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Un bref historique de la communauté
 
 
 

Table

 1 - Vos fils et vos filles prophétiseront (Ac 2, 17)
 2 - Animateurs de groupes de prière charismatique
 3 - Dieu dévoile son plan
 4 - Je vous baptise: Les Pauvres de Saint-François
 5 - Envoyés en mission
 6 - Le groupe de prière de la chapelle Saint-Antoine
 7 - En attendant de nouveaux frères
 8 - Appelés à tout quitter pour servir Dieu
 9 - Deux fruits de nos premières expériences charismatiques et spirituelles
10 - Prendre racine, petit à petit, pour s'affermir et grandir
11 - Sous les feux des projecteurs: devant les caméras de la télévision communautaire
12 - "Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit" (Jn 12, 24)
13 - Bâtir la maison sur le roc
14 - Nos retraites communautaires annuelles
15 - L'épreuve du feu
16 - Signes d'espérance
17 - Vent nouveau
18 - Rédaction de nos Constitutions
19 - Allez proclamer ma Parole
20 - Deux missions en terre de France
21 - Porter du fruit par la constance (cf. Lc 8, 15)
22 - Bénédiction

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Notre communauté s'est formée petit à petit dans la foulée du Renouveau dans l'Esprit Saint,
appelé aussi "Mouvement charismatique", alors en pleine effervescence au Québec et dans le monde dans les années '70.

En 1973, un temps de convalescence contraignit Jacques (Roy) à suspendre ses études. En septembre de cette année-là, alors qu'il participait à une soirée de prières, il fut interpellé d'une manière extraordinaire, comme il en témoigne dans ses notes personnelles.
1 Vos fils et vos filles prophétiseront (Ac 2, 17)

C'est dans la prière qu'a surgi la petite communauté nouvelle des Pauvres de Saint-François.

Des jeunes gens, pour la plupart étudiants au niveau collégial, font la rencontre providentielle de Jacques, un professeur de musique en convalescence, qui leur parle du Seigneur et qui les invite à prier. Et pendant la prière, l'Esprit de prophétie se manifeste dans le coeur de ces jeunes: ils entendent en eux des mots qui leur sont soufflés comme à l'oreille du coeur. Jacques leur demande de dire ces mots, que lui-même s'empresse d'écrire; et au fur et à mesure qu'ils prononcent les mots, d'autres mots leur viennent intérieurement qu'ils donnent à la manière d'une dictée.

Au fil des jours, le phénomène se répète dans la prière, en même temps que des changements s'opèrent dans le coeur et dans la vie de ces jeunes, toujours plus assoiffés de connaître le Seigneur et sa Parole.

Ils s'émerveillaient de cet enseignement de vie spirituelle qui leur était ainsi donné par leur propre bouche, qui actualisait le message de l'évangile et qui remplissait leur coeur du désir de se donner à Dieu. Ils pouvaient y revenir et s'en nourrir, car Jacques avait tout écrit et conservé.

Jacques était quand même surpris et quelque peu étonné par ce qui se passait dans ces rencontres de prière, lui qui avait pourtant l'expérience de la vie de prière et des voies de la vie spirituelle, ayant été lui-même religieux capucin pendant plus de 15 ans. Il se met donc à fouiller les écrits de sainte Thérèse d'Avila et de saint Jean de la Croix pour voir clair dans ces manifestations spirituelles et pour apprendre à les discerner selon l'Esprit de Dieu.

Finalement, il ne put faire autrement que de reconnaître le Doigt de Dieu à l'oeuvre, par les fruits qu'il était à même de constater dans la vie de ces néophytes. "On reconnaît l'arbre à ses fruits," dit le Seigneur. Ces jeunes qui, pour certains en tout cas, ne connaissaient à peu près rien des réalités spirituelles, les voici maintenant fidèles à vivre leur vie chrétienne et heureux de découvrir ou de redécouvrir l'église et les sacrements, les saints évangiles et les divers livres de la Parole de Dieu, la vie et les écrits de saint François d'Assise, et de goûter le bonheur d'une vie en amitié avec Dieu. Comment ne pas exulter de joie, dans la louange et l'action de grâces!

Jacques occupait alors une petite chambre, rue Bonaventure, à Trois-Rivières. Il était au repos forcé après une opération subie au genou, et pour cette raison avait dû suspendre ses études en théologie. C'est dans cette petite chambre qu'avaient lieu habituellement leurs rencontres. (haut)

 

2 Animateurs de groupes de prière charismatique

Ces premiers frères - ils étaient alors 3 - furent bientôt requis pour animer un groupe de prière, celui qui se réunissait chez les Soeurs Marie-Réparatrice, à Trois-Rivières toujours. Puis un second groupe, celui de la paroisse St-Philippe, sera formé; et ensuite un troisième, celui de Ste-Sophie-de-Lévrard, sur la Rive sud. Sans parler de quelques visites à certains autres groupes de prière.

Car l'Esprit de prophétie se manifestait en assemblée par la bouche des frères, avec le don des langues et les autres dons et charismes de l'Esprit. Et l'enseignement spirituel donné par Jacques en début d'assemblée était en fait une proclamation prophétique de la Parole de Dieu, c'est-à-dire un enseignement donné sous l'action de l'Esprit Saint et qui avait puissance de toucher les coeurs. Enseignement donné avec autorité, l'autorité que donnent les Saintes écritures et la fidélité à l'enseignement de l'église.

Le Seigneur enseignait aux frères la pratique des vertus et en particulier la nécessité de "veiller sur les mouvements" de leur coeur et de travailler avec ferveur à l'amendement de leur vie pour se conserver toujours dans la paix de Dieu, loin du trouble et du péché. Il nous rappelait souvent que notre désir devait être de posséder l'Esprit du Seigneur et sa sainte opération, afin que mus et guidés par l'Esprit, nous accomplissions en tout temps et en toute chose sa sainte Volonté.

Et l'Esprit de vérité nous apprenait dans la pratique la nécessité d'exercer le discernement des esprits dans les assemblées de prière, pour veiller à ce "que tout se passe décemment et dans l'ordre, de manière à édifier; car Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais de paix" (1 Co 14, 26, 40). "N'éteignez pas l'Esprit, dit encore l'Apôtre; ne dépréciez pas les dons de prophétie, mais vérifiez tout; ce qui est bon, retenez-le" (1 Th 5, 19-21). C'est bien ce que les frères s'appliquaient à mettre en pratique, et Jacques en particulier en percevait l'importance et la nécessité. (haut)

 

3 Dieu dévoile son plan

Un jour que Jacques était en visite dans la famille d'un de ces jeunes convertis, il invite un petit enfant à prier avec lui. L'enfant se ferme les yeux pour prier, mais plutôt que de s'adresser au Seigneur, c'est le Seigneur qui s'adresse à Jacques par la bouche de ce tout-petit de toute évidence saisi par l'Esprit Saint. Il dit: "Je veux que tu sois un tout-petit, qui forme des tout-petits, qui à leur tour formeront des tout-petits."

Quelques jours plus tard, mais cette fois-ci dans la chambre de la rue Bonaventure, l'Esprit Saint s'exprima de nouveau dans la prière par la bouche d'un étudiant: "Je veux que tu sois un berger, qui forme des brebis, qui à leur tour formeront des brebis." Et c'est depuis ce jour, au milieu de l'année 1974, que le nom de berger est apparu et qu'il est demeuré pour désigner le responsable de la communauté.

Le Seigneur manifesta aussi sa volonté sur la communauté par l'Esprit de prophétie en ces termes: "Je veux faire de vous les apôtres de l'Esprit Saint, pour faire connaître à mon peuple la Personne du Saint-Esprit, et pour apprendre à mes fidèles à reconnaître ses inspirations et à se montrer dociles à sa mouvance." (haut)

 

4 "Je vous baptise: Les Pauvres de Saint-François"

Jusque là, chacun des frères suivait sa route. Mais un bon jour, l'un d'eux vint frapper à la porte de Jacques pour lui dire: "Je me donne au Seigneur!" C'était Yves, le premier frère, que Pierre allait bientôt rejoindre dans sa décision de se donner au Seigneur.

Devant ce fait, la question se posait: était-ce bien la volonté du Seigneur que les frères se regroupent sous un même toit, pour "habiter en frères, tous ensemble", comme dit le Psaume? (Ps 132). Jacques voulut être certain que cette inspiration venait du Seigneur. Il fit donc une prière dans le secret de son coeur (in petto) afin que personne ne soit au courant et que le Malin n'y mette pas sa patte. Il demanda au Seigneur de leur trouver un logis afin de vivre en fraternité et de leur confirmer par là que tel était bien le désir divin qu'ils vivent comme des frères en communauté.

à peine quelques jours plus tard, sans même qu'ils aient eu à chercher, la Providence leur trouvait un logement pourvu de tout ce qu'il fallait pour répondre à leurs besoins ordinaires. C'est ainsi qu'au début du mois de juin 1974, Jacques, Yves et Pierre purent emménager dans un logement tout meublé, rue La Vérendrye. Et c'est là, le 16 juin, dans la petite chambre qu'ils avaient transformée en chapelle, que l'Esprit Saint leur donnait en paroles prophétiques le nom de la nouvelle communauté: "Je vous baptise: Les Pauvres de Saint-François."

Ils vivaient simplement, heureux d'avoir découvert Dame Pauvreté. Ils n'avaient rien, quelques effets personnels, quelques livres et c'est tout. Ils dormaient dans des sacs de couchage. Ils portaient déjà la croix sur la poitrine, le signe distinctif du pauvre de Saint-François. (haut)

 

5 Envoyés en mission

De trois frères, le groupe passa bientôt à 5 en ce début d'été 1974. été qui allait s'avérer intensif et riche en expériences spirituelles et charismatiques de toutes sortes, car nos services furent requis pour visiter et animer des groupes de prière, en particulier dans le diocèse de Sherbrooke. L'Esprit se manifestait avec force par cet enseignement donné avec autorité, ainsi que par les charismes exercés en pleine assemblée.

Mais bientôt les portes allaient se fermer, car le berger avait dû à quelques reprises intervenir dans les assemblées, à titre d'animateur, pour manifester et exercer le discernement des esprits, corriger des situations ténébreuses qui faisaient naître le désordre et le trouble dans les coeurs. à titre d'animateur, en effet, c'est le charisme de gouvernement (1 Co 12, 28) qu'il exerçait comme il se devait de le faire.

Tout cela valut aux Pauvres de Saint-François l'épreuve de la persécution. Autant on nous avait loués pour notre sensibilité et notre docilité à l'Esprit Saint, autant maintenant on nous dénigrait jusqu'à nous exclure complètement: le fléau de la langue faisait ses ravages. Manifestement, le Malin prenait sa revanche.

Mais un jour que Jacques s'interrogeait sur la nécessité de discerner, le Seigneur lui dit par la bouche d'un frère en paroles prophétiques, alors que nous étions réunis à la chapelle: "Je t'ai dit: discerne, discerne, discerne, je veux que tu discernes!" Ce que l'Apôtre exprime ainsi: "Le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justice et vérité: discernez ce qui plaît au Seigneur, et ne prenez aucune part aux oeuvres stériles des ténèbres, dénoncez-les plutôt" (Ep 5, 9-11).

Au début de novembre, pour répondre à l'appel d'un prêtre, les frères eurent à pratiquer un exorcisme à Québec, exorcisme qui rassembla une quinzaine de personnes dont trois prêtres et qui ne dura que 45 minutes. Ils purent voir de leurs yeux le possédé se tordre par terre, écumer, vociférer d'une voix rauque en réponse au berger qui commandait aux esprits au Nom de Jésus Christ, puis s'apaiser soudain, s'agenouiller et confesser ses péchés devant tous. Ce jeune homme avait fait un pacte avec le diable. Les frères virent la gloire de Dieu ce jour-là. (haut)

 

6 Le groupe de prière de la chapelle Saint-Antoine

Avec l'automne, la communauté avait été réduite au petit noyau des trois premiers frères, et l'animation de soirées de prière à un seul groupe, celui de la chapelle Saint-Antoine des Pères franciscains de Trois-Rivières. Ce groupe était vivant et croissait d'une semaine à l'autre, jusqu'à atteindre le nombre de 75 participants. Et il s'y vivait des merveilles, pour la plus grande joie des coeurs: exercice du don des langues, exercice du don de prophétie et même manifestation du don de guérison en assemblée.

Mais en janvier, le Père gardien nous ferma brusquement la porte de la chapelle Saint-Antoine et mit le groupe dehors: le bon père ne pouvait admettre le discernement prononcé par Jacques, l'animateur du groupe de prière, ainsi que par toute l'assemblée, sur un faux don des langues qui avait jeté l'effroi dans les coeurs, un certain soir, faux don qui avait fait irruption soudain... par la bouche d'un prêtre.

Nos amis du groupe de prière ne baissèrent pas les bras, eux qui étaient si réjouis par l'enseignement donné et par les nombreux bienfaits qui se dégageaient de ces soirées de prière. Ils firent eux-mêmes les démarches pour trouver un local et en assurèrent le loyer. C'était une salle convenable, au sous-sol d'un immeuble de la rue Ste-Julie. Le groupe continua de s'y réunir et nous en assumions l'animation chaque semaine.

Janvier 1975 les trouva donc occupés à rédiger un compte rendu de leurs premières expériences dans les groupes de prière et des problèmes qu'ils y avaient rencontrés, et cela, à la demande expresse de Mgr Pelletier, évêque de Trois-Rivières, qui exigeait du berger des éclaircissements, car médisances et calomnies étaient parvenues à ses oreilles et son jugement sur Jacques et la communauté naissante n'était pas des plus positifs. Jacques, Yves et Pierre, donc - les tout premiers frères - remirent ce rapport à Mgr l'évêque en main propre, à l'évêché, un matin de février 1975, un document de 21 pages tricotées serrées.

 

7 En attendant de nouveaux frères

à la mi-novembre 1974, les trois frères avaient dû emménager au 601 de la rue St-Maurice. C'était un petit 5 et demi, au troisième étage, un logement très pauvre... que n'aurait pas dédaigné Dame Pauvreté elle-même!

Les frères apprenaient jour après jour à vivre la vie fraternelle et la vie de prière, à travailler avec constance à leur conversion, se faisant serviteurs les uns des autres, veillant à exercer leurs charismes et à les garder bien vivants, pour le bien de leur âme et celui du prochain. Ils faisaient leurs délices de la lecture des Saintes écritures, de L'Imitation de Jésus-Christ et des Documents de saint François d'Assise.

Et ils suppliaient le Seigneur de leur donner de nouveaux frères! Avec la mi-avril, un premier nouveau frère leur fut donné.

Le 7 juin 1975, en la fête du Coeur Immaculé de Marie, alors que nous étions réunis dans la petite chambre aménagée en chapelle, au 601 St-Maurice, le Seigneur nous donnait en prophétie un Acte de consécration des Pauvres de Saint-François au Coeur Immaculé de Marie, pour la joie de nos coeurs. Le Seigneur confiait la communauté naissante à la garde de sa Mère et nous incitait ainsi chacun à développer et à entretenir une ardente dévotion envers la Vierge Marie.

été 1975: de nombreux jeunes gens vinrent nous visiter. Tout l'été, ils affluèrent. Nous nous rassemblions avec eux à la chapelle pour prier et entendre le Seigneur s'adresser à l'un et à l'autre en paroles prophétiques. à l'occasion, nous les recevions même à notre table. Il y avait beaucoup de joie, nous avons beaucoup ri. Et le berger donnait des enseignements de vie spirituelle, selon les questions posées et les besoins du moment, enseignements qui se prolongeaient parfois tard dans la nuit, car ces visiteurs nous arrivaient souvent alors que la soirée était déjà bien entamée.

De tous ceux-là, plusieurs résolurent de se donner à Dieu chez les Pauvres de Saint-François, de sorte qu'à la fin de l'été, la communauté s'augmenta d'une dizaine de nouveaux frères. Comme l'un d'eux avait loué, au début de l'été, l'appartement adjacent au nôtre, nous eûmes l'espace nécessaire pour loger tout le monde. Et la divine Providence pourvoyait au jour le jour à tous nos besoins, comme elle l'a fait si merveilleusement d'ailleurs depuis lors jusqu'à ce jour. (haut)

 

8 Appelés à tout quitter pour servir Dieu

Mais comment des jeunes gens peuvent-ils ainsi tout abandonner - études, métier, carrière ou profession - pour se retrouver dans un logement pauvre et exigu, en pleine ville, avec des compagnons qu'ils n'ont pas choisis, ne comptant plus désormais que sur la Providence pour leur lendemain?

Comment de jeunes adultes déjà engagés dans la vie ou en train de prendre leur envol se retrouvent-ils tout à coup engagés en vie religieuse, dans "l'aventure" d'une communauté nouvelle? Mystère ineffable de l'appel du Christ qui pose son regard d'amour sur ceux qu'il a choisis, les appelle et les prend à sa suite. Séduction du coeur. Appel imprévu et imprévisible à tout quitter. Appel pressant du divin Maître qui exige une réponse libre, une réponse amoureuse et sans compromis. "Si tu veux, viens, suis-moi... Venez à ma suite: je ferai de vous des pêcheurs d'âmes. Et aussitôt, dit l'évangile, laissant là leurs filets, ils le suivirent" (Mt 19, 21; 4, 19-20, 22; cf. 9, 9; cf. Jn 1, 35-51).

Suivre Jésus, marcher dans son sillage, dans la chasteté, la pauvreté et l'obéissance, et persévérer à sa suite, se laisser mûrir par lui avec confiance, devenir chaque jour davantage son disciple, son témoin. S'initier à la prière et à l'oraison, au combat de la vie spirituelle, conduits en cela par un "berger", le représentant du Seigneur au milieu de nous. Apprendre à vivre en frères tous ensemble, et garder son coeur ouvert à tout homme qui a faim et soif de justice et de paix. Se nourrir de la Parole de Dieu, apprendre à la vivre et à la proclamer sous le souffle de l'Esprit. Apprendre à connaître l'Esprit Saint et à reconnaître son agir, ses inspirations, sa mouvance; apprendre à exercer les charismes qu'il nous a départis - en particulier les charismes de prophétie et de discernement des esprits - pour la joie et la bonne santé du peuple de Dieu. Mais quel univers nouveau, et quelle école! C'est la vie dans l'Esprit, c'est l'évangile mis en pratique au jour le jour, cette Bonne Nouvelle du salut en Jésus Christ faite pour être accueillie et vécue, annoncée et proclamée en actes et en paroles à toute la terre. Telle allait être désormais notre vie. (haut)

 

9 Deux fruits de nos premières expériences charismatiques et spirituelles

De ces expériences spirituelles et charismatiques peu communes vécues dans les groupes de prière allaient naître deux livres. Le premier: le Discernement des esprits, qui traite des principaux charismes de l'Esprit Saint: discernement des esprits, don de prophétie, don des langues, don de guérison, don de gouvernement en assemblée de prière, exorcisme... ainsi que des dons sanctifiants.

C'est le berger qui eut l'inspiration de ce livre en voyant la nécessité de venir ainsi en aide aux membres du Renouveau charismatique. Nous croyons que c'est l'Esprit Saint, l'Esprit de prophétie lui-même qui nous souffla les mots au long des pages!

Nous nous réunissions presque chaque jour pour de longues sessions à la chapelle et nous recevions en paroles prophétiques, dans la prière, par la bouche de tel ou tel frère, les enseignements du Seigneur par l'Esprit de prophétie, tandis que les autres frères priaient en langues et discernaient.

Jacques, le berger, assis sous une lampe dans un coin de la chapelle, prenait la dictée. Une jeune fille qui avait été touchée par la grâce se joignait à nous pour cette oeuvre d'écoute de l'Esprit Saint et de discernement, et c'est par sa bouche qu'il plut au Seigneur de nous dicter une bonne partie de ce traité de Discernement des esprits.

Après 2 mois de ce travail, tous les frères eurent à fouiller les Saintes écritures pour appuyer par des références scripturaires l'enseignement ainsi recueilli de l'Esprit Saint, la foi en la Parole de Dieu demeurant la base de toute vie chrétienne. Vinrent ensuite les sessions de mise en commun et de discernement des références. C'est au cours de ce travail que le Seigneur nous donna en prophétie notre devise de communauté: Au service de Jésus Christ sauveur, devise que nous avons inscrite en page de titre du volume.

Puis ce fut l'impression du livre, que nous avons dactylographié, imprimé et relié nous-mêmes, car la Providence avait pourvu à nous procurer tout le matériel d'imprimerie nécessaire, à nous qui n'avions rien.

Le Discernement des esprits inscrit une étape importante dans la vie de la communauté, car ce livre est le fruit de notre expérience spirituelle des charismes de l'Esprit Saint, notre témoignage pratique de l'exercice des dons de l'Esprit. En fait, il n'est pas autre chose qu'un traité de discernement des esprits. Nous l'avons réédité en 1982 sous un nouveau titre: Illumination.

Autre fruit de notre expérience spirituelle: la parution en 1982 de Révélations prophétiques sur notre temps, volume réalisé en un temps record. Un des chapitres du livre, qui a pour titre: "Comment reconnaître qu'une révélation prophétique est vraie?", indique bien quel est le but de cet essai qui est, en fait, un petit traité de discernement sur les manifestations de l'Esprit Saint. (haut)

 

10 Prendre racine, petit à petit, pour s'affermir et grandir

En mai 1977, les Pauvres de Saint-François emménageaient au 1072 de la rue St-Paul, logement plus spacieux et moins vétuste: 2 étages, avec en prime un sous-sol que nous eûmes tôt fait de rendre fonctionnel. C'était le grand luxe en comparaison du lieu que nous quittions! C'est dans ce sous-sol que se poursuivit l'impression du Discernement des esprits et que le livre put voir le jour.

Un jour, un frère demanda au berger qu'on lui coupe les cheveux très courts sur la tête! Son exemple fit boule de neige et depuis lors c'est la tête que nous avons, avec la barbe et le crucifix au cou. Nous étions 12 frères: ce nombre s'est maintenu en gros jusqu'à ce jour, le Seigneur compensant les quelques départs regrettables par de nouvelles vocations.

L'année 1977 voit naître la formation des Pauvres Dames de Saint-François. C'est au mois d'août qu'elles reçurent leur nom, et par la suite nous nous rendîmes compte que c'est ce nom de Pauvres Dames que sainte Claire et ses compagnes avaient porté à l'origine (1 Celano 18). Le Seigneur désigna en prophétie Gracia comme bergère. C'était une dame qui avait été fortement visitée par l'interview que nous avions accordée peu auparavant à Second Regard (Radio-Canada). Elle avait donc pris contact avec nous et tout de suite avait épousé l'esprit des Pauvres de Saint-François.

La communauté des Pauvres Dames compta bientôt 5 soeurs. En janvier '78, elles emménageaient rue St-Maurice, mais pour en être chassées quelques mois plus tard par l'incendie de l'édifice. Elles emménagèrent cette fois rue Père Frédéric, et furent encore une fois jetées à la rue par un incendie! à deux reprises, donc, elles perdirent tous leurs biens et effets personnels. Ensuite, elles habitèrent rue St-Olivier, et finalement, on les logea au 425 de la rue Ste-Angèle comme on va le voir plus loin. Elles devaient demeurer à cette dernière adresse pendant près de 10 ans. Si présentement elles ne sont que deux, l'amour fraternel qui les unit et dont elles sont animées laisse présager une récolte fructueuse et abondante.

Le 28 novembre 1979, à l'instigation du berger, une corporation sans but lucratif était fondée par des laïcs afin de permettre aux frères de vivre la pauvreté évangélique et de leur venir en aide dans les tâches administratives. Les Auxiliaires des Pauvres de Saint-François sont propriétaires des biens mis à la disposition de la communauté. La corporation représente les bienfaiteurs qui donnent temps, argent ou biens pour soutenir matériellement l'Oeuvre des Pauvres de Saint-François ou d'autres groupes vivant selon le même esprit qu'eux, comme les Pauvres Dames de Saint-François. Dans leur vie quotidienne, les membres Auxiliaires s'efforcent d'imiter saint François d'Assise: son amour de Dame Pauvreté, sa simplicité, son humilité, sa piété, sa fidélité à l'évangile et à l'accueil des visites de l'Esprit Saint.

Le 8 décembre 1979, en la fête de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie notre patronne, les frères prononcèrent leurs premiers voeux évangéliques de pauvreté, de chasteté et d'obéissance entre les mains du berger. Par ces voeux privés, nous nous engagions sans retour à observer le saint évangile de notre Seigneur Jésus Christ, en exerçant les charismes de prophétie et de discernement des esprits que l'Esprit de Dieu nous a confiés.

Peu après, les frères se consacrèrent chacun individuellement à la Vierge Marie selon la formule de saint Louis-Marie Grignon de Montfort. Des amis de la communauté, dans leur désir de mener une vie chrétienne plus intense, les imitèrent par la suite.

Dans notre désir de nous identifier comme religieux, nous prenions bientôt la décision de porter la bure, avec la croix et la petite icône mariale. Les Pauvres Dames nous confectionnèrent donc des bures - elles étaient brunes à l'origine, et aujourd'hui de teinte bleue - que nous portons d'une façon ordinaire, exception faite des temps de travail ou de détente.

Avec le temps, avec la pratique quasi quotidienne, le don de prophétie s'affermissait et s'affinait chez les frères, de même que le don de discernement et l'audace dans la foi. Mais en même temps, le berger avait bien conscience de la vigilance qu'il devait exercer sur la vie spirituelle de la communauté pour que ces dons restent bien vivants. Les frères prenaient de l'assurance dans l'exercice des charismes et se rendaient compte de la nécessité d'écouter le Seigneur dans leur coeur au jour le jour et d'être soumis les uns aux autres pour la plus grande gloire de Dieu. (haut)

 

11 Sous les feux des projecteurs: devant les caméras de la télévision communautaire

Pendant ce temps-là s'était ouverte une nouvelle porte pour l'exercice du ministère prophétique des frères: la porte de la télévision communautaire. Alors, pendant quelques années, de 1978 à 1985, les frères furent amenés à voyager pour animer leur émission hebdomadaire dans tel ou tel poste de télévision communautaire, selon que la porte leur était ouverte.

Il y eut d'abord Hull, pendant presque 2 ans. Chaque semaine: émission en direct de deux heures en soirée! Et il fallait d'abord s'y rendre: 4 heures de voyage pour aller; - et il fallait en revenir: 4 heures pour le retour, ce qui fait que nous revenions souvent à la barre du jour ou même avec le soleil levant.

C'est à cette époque que la Providence pourvut la communauté de son premier mini-bus: une dame de Hull, touchée par l'émission qu'elle venait de voir, nous reçut chez elle et nous fit cette généreuse aumône. Jusque là, nous devions emprunter ou louer des véhicules.

Puis ce fut au tour respectivement de Trois-Rivières, Québec, Magog... Chaque émission hebdomadaire avait son thème précis qui nécessitait évidemment une préparation. L'Esprit Saint, par la bouche de ses prophètes, venait révéler au berger le sujet de l'enseignement à donner ce soir-là, de manière à toucher les coeurs qui seraient à l'écoute à ce moment précis.

C'est ainsi que des jeunes de Québec, touchés par l'émission, prirent contact avec nous, et de ceux-là, trois se sont donnés comme pauvres de Saint-François: les frères Jean-Pierre, Denis et Dominique.

Chaque émission comportait principalement une proclamation prophétique de la Parole de Dieu sur tel ou tel sujet, comme par exemple: la nécessité d'apprendre à discerner, le sens chrétien de l'épreuve, l'explication de la parabole du figuier stérile (Mc 11, 11-25), etc. La dernière demi-heure de l'émission était consacrée aux lignes ouvertes, les téléspectateurs étant invités à téléphoner et à poser leurs questions. Le berger et les frères apportaient les réponses et les éclaircissements, en direct, toujours selon la Parole de Dieu et l'enseignement de l'église.

L'Esprit Saint intervenait souvent en paroles prophétiques par la bouche des frères prophètes. ça donnait des émissions dynamiques et même captivantes.

Nous nous préparions donc dans la prière et l'écoute de l'Esprit, mais aussi par des recherches dans la Sainte écriture et dans les documents de l'église, selon les sujets abordés.

Au sous-sol du 1072, nous nous étions même aménagé un mini-studio de télévision, avec caméras et appareils de montage, pour produire nous-mêmes certaines émissions et topos divers.

En 1983, une dame de Québec qui avait été touchée par nos émissions communautaires nous fit part d'une inspiration qui lui tenait à coeur: pourquoi ne pas inviter les téléspectateurs à se rassembler quelque part pour des rencontres fraternelles? Ce serait l'occasion d'un contact plus direct, plus personnel! Avec l'audace qui la caractérisait, elle nous trouva une grande salle au sous-sol de l'église Notre-Dame-du-Chemin, et c'est ainsi que chaque mois il nous fut possible de rassembler nos amis de Québec. Le berger donnait un enseignement sur un sujet d'écriture ou de vie spirituelle; les charismes de l'Esprit Saint y étaient exercés; il y avait aussi du chant, des prières spontanées, et bien sûr des réponses appropriées aux questions soulevées par l'un ou l'autre des participants, au nombre d'une cinquantaine. Une belle chaleur fraternelle y régnait. Nous avions beaucoup de joie à nous retrouver et à échanger. Ces rencontres mensuelles s'échelonnèrent sur 4 ans.

Tout allait bien... jusqu'à ce que soudain, en 1985, un brusque changement de politique survint dans l'administration générale des télévisions communautaires au Québec, qui fermèrent leur porte aux émissions religieuses, mais l'ouvrirent grandement à diverses émissions à caractère ésotérique. Peu après, comme nous n'utilisions plus notre matériel télévisuel, nous avons dû prendre la décision de nous en départir. (haut)

 

12 "Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit" (Jn 12, 24)

Allait alors commencer pour les frères une période beaucoup plus centrée sur la vie spirituelle et sur la vie fraternelle proprement communautaire. C'est ainsi que nous nous sommes mis à chanter plus régulièrement l'Office divin, les Laudes et les Vêpres, et même quotidiennement.

Le berger, pour répondre aux devoirs de sa charge, donnait régulièrement des enseignements sur des sujets spirituels, selon les besoins, pendant les Offices et à l'occasion des repas.

Et chaque jour, à l'Office divin en particulier, le Seigneur par son Esprit de prophétie ne manquait pas de venir nous instruire, comme il le fait toujours d'ailleurs, nous exhortant et nous encourageant à la pratique des vertus - obéissance, amour fraternel, paix du coeur, vigilance, amour de l'église, amour de Dame Pauvreté, etc. -, nous apprenant les principes de la vie spirituelle, nous expliquant des passages d'écriture, nous soutenant dans les épreuves de la vie spirituelle et communautaire.

C'est encore lui, l'Esprit de prophétie, qui nous dictait les lettres qu'il fallait pour nous acquitter en hommes spirituels de la correspondance, comme il le fait aujourd'hui encore. Comme conseiller spirituel, difficile de trouver mieux que l'Esprit de prophétie!

Et les frères se mirent à faire du sport pour la détente fraternelle, mais aussi pour garder la forme. Le sport d'équipe - hockey bottine ou sur glace, soccer, etc. - allait tout de suite exercer sa force d'attraction sur les jeunes du quartier et sur les passants, de sorte que pendant des années, presque à tous les jours, les frères partagèrent ainsi leur loisir communautaire avec ces gens de tous les âges, heureux de pouvoir se récréer sainement dans la paix et la joie.

Le 6 août 1985, nous recevions à la maison la visite du père Marie-Antoine de Lauzon, prêtre capucin, missionnaire au Tchad, de passage chez les siens au Québec. Il avait été le père maître de notre berger au temps de son noviciat chez les Capucins. L'homme de Dieu passa la journée avec nous. Il mit sa joie à nous connaître de l'intérieur, prenant le temps de se pencher sur les divers documents que le berger lui soumettait. Réunis à la chapelle pour prier, il alla même jusqu'à affirmer: "Je vous dis ceci, au Nom du Seigneur: vivez dans l'obéissance et soyez patients. La porte de l'église vous est fermée, mais un jour elle s'ouvrira et personne ne pourra plus la refermer. Ce jour-là, vous aurez la barbe blanche."

Le berger le conduisit ensuite chez les Pauvres Dames, et dans la prière, après une parole prophétique donnée par soeur Gracia, la bergère, il leur dit: "Continuez à faire ainsi et vous travaillerez à la transfiguration de la terre entière." C'était le 6 août, en la fête de la Transfiguration du Seigneur. (haut)

 

13 Bâtir la maison sur le roc

En 1984, les Auxiliaires s'étaient portés acquéreurs d'une humble maison - le 425 Ste-Angèle - pour y loger les Pauvres Dames. Un simple trou tenait lieu de cave. Les frères décidèrent donc d'y construire de toute pièce un sous-sol en béton. Nous nous sommes mis à l'oeuvre, sous l'oeil d'un entrepreneur de nos amis, et avons creusé nous-mêmes la cave, installé les formes, fait couler le béton de ce qui est devenu un sous-sol habitable et fonctionnel qui revalorise d'autant la maison.

Mais il y avait aussi l'édifice de la communauté des Pauvres de Saint-François à affermir sur le roc...

Aussi, en été 1987, le berger se retira-t-il pendant 6 semaines à l'Abbaye bénédictine Saint-Joseph, située à St-Benedict, près de Covington, en Louisiane (é.-U.), dans le but d'y rédiger la Règle des Pauvres de Saint-François. événement déterminant qui allait définir la communauté, ses charismes propres et son esprit, et lui donner ainsi ses fondations solides comme le roc dans le Christ Jésus.

La Règle des Pauvres de Saint-François, en majeure partie inspirée de la Règle des frères mineurs de saint François, se montre particulièrement originale en ses chapitres 3, 4 et 5 qui traitent respectivement de l'exercice pratique du don des langues, du don de discernement et du don de prophétie dans la vie du pauvre de Saint-François.

Décembre 1987: le berger accompagné de 3 frères anima la retraite paroissiale à Port-Cartier, mission qui s'étala sur une semaine. Chaque jour: 2 prédications dans l'église et visites des élèves dans les classes des écoles primaires et secondaires. Au dernier jour de la retraite: sérieuse préparation des paroissiens au sacrement de confession, qui fit l'admiration du curé de la paroisse par les bons fruits qu'elle porta.

Mission gravée dans l'histoire de la communauté. Même si elle n'impliqua pas directement toute la communauté, tous bénéficièrent de cette expérience missionnaire, car les frères impliqués ne manquèrent pas de nous raconter et de nous rappeler les merveilles dont ils avaient été témoins.

Au tournant des années '90, le berger eut l'inspiration de rencontrer personnellement Mgr Noël, évêque de Trois-Rivières, pour lui présenter en quelque sorte la communauté des Pauvres de Saint-François et lui faire état de notre désir à tous et chacun de servir l'église. Rencontre ardue et sans lendemain. (haut)

 

14 Nos retraites communautaires annuelles

Nos temps de retraite annuelle ont toujours été des temps intensifs de conversion, de recherche du Seigneur et de sa volonté, des temps riches d'enseignements et des occasions privilégiées de renouer et de ressouder des liens fraternels plus intenses, dans la charité et la vérité, car "la charité trouve sa joie dans la vérité" (1 Co 13, 6).

Ainsi, au début des années '80, nous avons pu vivre deux retraites à Ste-Anne de Sorel, un bienfaiteur nous ayant gracieusement cédé sa villa pour l'occasion. Il y eut plus tard quelques retraites au Lac du Missionnaire, à St-Joseph de Mékinac, une famille nous ayant prêté bien charitablement son chalet. Puis plusieurs autres chez les Frères maristes de Valcartier. Et enfin, quatre années consécutives à Coleraine, dans les Cantons de l'Est.

Moments intenses de contacts avec le Seigneur et sa Parole, de nourriture spirituelle donnée par l'Esprit Saint, soit en paroles prophétiques ou bien par les enseignements du berger ou des frères. Intimité des frères dans le Seigneur et à cause du Seigneur, où l'on peut renouer avec la création et ses merveilles, loin de la ville et des inévitables soucis ordinaires. (haut)

 

15 L'épreuve du feu

Dans la nuit du 28 janvier 1994, nous fûmes chassés de notre demeure - le 1072 St-Paul - par l'incendie surgi du logement voisin. Nous nous sommes donc réfugiés en pleine nuit chez nos soeurs, les Pauvres Dames, au 425 Ste-Angèle, à leur grande surprise d'ailleurs. Elles devaient emménager par la suite dans la maison voisine qui providentiellement se trouvait libre.

Si nous avons pu dans les jours qui suivirent récupérer la plupart de nos biens et effets, le logement par contre était trop endommagé par l'eau et la fumée pour songer à le restaurer. C'est ainsi qu'en mai de cette même année, nous entreprenions de rénover et d'agrandir le 425 Ste-Angèle, cette même maison que nous avions assise 10 ans plus tôt sur un solage tout neuf et que nous habitons toujours à l'heure actuelle.

Le travail de rénovation - et même plus: de construction! - allait bien durer 2 ans. Un étage fut ajouté à la petite maison pour servir en particulier de chapelle. Tout ce travail, nous l'avons réalisé de nos mains.

En juin 1995, le 425 encore en chantier ne nous empêcha pas d'animer le chant choral lors de la neuvaine préparatoire à la fête du Sacré-Coeur, chez nos frères capucins de La Réparation, à Pointe-aux-Trembles (Montréal). Neuvaine qui se prolongea jusqu'à 2 semaines! Mission qui allait contribuer à nous unir entre nous et avec nos frères capucins, et à nous enrichir spirituellement au contact d'une autre réalité communautaire issue de notre père commun saint François d'Assise.

Les travaux de finition de la maison se continuèrent petit à petit dans les années qui suivirent. L'on rénova aussi la vieille grange qui menaçait ruine au fond de la petite cour afin qu'elle puisse servir d'atelier en toute saison. (haut)

 

16 Signes d'espérance

En 1998, la garde du Saint-Sacrement dans notre chapelle nous était accordée par Mgr Veillette, évêque de Trois-Rivières, document signé de sa main en date du 11 février, fête de Notre-Dame de Lourdes. Enfin, au plus grand bonheur des frères, le Seigneur venait habiter de sa présence réelle ce lieu que nous lui avions préparé. Depuis lors, notre vie de prière et d'oraison, nos vies de consacrés s'en trouvent enrichies et affermies, et notre travail de conversion en est stimulé d'autant par la présence réelle de notre Seigneur et Maître Jésus Christ.

Le 2 août de cette même année, en la fête de Sainte-Marie des Anges de la Portioncule, jour commémoratif de notre fondation, notre communauté fêtait ses 25 ans d'existence. Pour souligner dignement l'événement dans la louange et l'action de grâce, une messe solennelle fut concélébrée en notre chapelle par les pères Pierre Paul, omv, et Jean-Guy Paradis, ofm cap., et par M. l'abbé Paul-émile Dubois, prêtre diocésain, ami de longue date de la communauté. Le père Pierre Paul rapportait de Rome spécialement pour l'occasion une bénédiction du Pape Jean-Paul II adressée aux Pauvres de Saint-François. (haut)

 

17 Vent nouveau

L'arrivée d'un nouveau curé en notre paroisse (paroisse cathédrale), en l'an 2000 - il s'agit de M. l'abbé Louis Trahan -, allait contribuer à nous ouvrir plus largement les portes de l'église. Il s'employa à nous faire connaître et à requérir de plus en plus régulièrement nos services pour l'animation chorale des messes dominicales et des messes de funérailles, ce qui incita d'autres responsables de paroisses à en faire autant.

Dans la foulée de cette ouverture, on se mit à nous demander de donner des concerts spirituels en préparation de quelques grandes fêtes comme Noël, ou l'Assomption de la Vierge Marie, ou encore la fête de saint François, notre patron.

De plus, la demande se faisant pressante de la part de plusieurs à l'effet que nous devrions enregistrer quelques chants pour soutenir la prière des fidèles, nous nous sommes procuré le matériel nécessaire à des enregistrements de qualité. C'est ainsi que nous avons pu produire quelques disques compacts, dont entre autres "Courons à la crèche" en 2004 et "Christ est ressuscité, Alléluia! Alléluia!" en 2009.

Le 8 décembre 2000, en la fête de l'Immaculée Conception, les Pauvres de Saint-François inauguraient leur site Internet, mettant sous la protection de la Vierge Marie ce moyen puissant de proclamer la Bonne Nouvelle à tout homme de bonne volonté. Dans notre siècle marqué par les mass média, Paul VI avait déjà bien souligné que la nouvelle évangélisation ne pouvait pas se passer des nouveaux moyens de communication sociale. Il écrivait: "C'est par eux que l'église proclame sur les toits le message dont elle est dépositaire. En eux elle trouve une version moderne et efficace de la chaire. Grâce à eux elle réussit à parler aux masses" (L'évangélisation dans le monde moderne, 45). (haut)

 

18 Rédaction de nos Constitutions

Les années 2000 nous ont aussi trouvés occupés à la rédaction de nos Statuts, travail de longue haleine, et dont le résultat fut présenté à Mgr Martin Veillette, notre évêque, le 4 octobre 2002.

Ce travail dut être repris en une seconde version à la demande même de notre évêque, sous le nom de Constitutions, pour rendre le tout plus conforme aux normes canoniques de l'église. Monseigneur a en main ce document depuis le 4 octobre 2006.

Tout ce travail de réflexion, cet effort de rédaction et de mise en forme qui s'étendit sur plusieurs années nous permit de mieux nous connaître nous-mêmes en tant que communauté, de mieux nous définir et de préciser notre charisme propre: la sainte Pauvreté évangélique, qui est elle-même la porte ouverte à l'Esprit Saint, à ses dons, charismes et vertus, et à leur exercice pratique au bénéfice du peuple de Dieu.

Cet enfantement communautaire de nos propres Constitutions allait conduire à l'élaboration d'un autre document important concernant nos charismes, document paru en mai 2007 et intitulé: Moines et prophètes dans l'église d'aujourd'hui: l'expérience spirituelle des Pauvres de Saint-François.

En juillet 2007: visite à 2 reprises du délégué de Monseigneur notre évêque, le père France Salesse, ofm cap., ministre provincial, venu constater sur place ce qu'il en était de notre vie et de nos charismes. Il avait mandat de Mgr Veillette de lui remettre un compte rendu de sa mission. Cette sollicitude de Monseigneur nous valut une lettre dans laquelle il reconnaissait notre catholicité et notre désir de servir l'église. (haut)

 

19 Allez proclamer ma Parole

Les années 2000 virent aussi les frères s'employer à la proclamation de la Parole de Dieu. Animation d'une retraite paroissiale à St-Sauveur de Shawinigan; animation de journées de ressourcement pour les groupes de prière charismatique à St-Jean-Chrysostome, à Scott en Beauce, puis à Montréal (paroisse Ste-Jeanne-d'Arc); quelques concerts de chants sacrés et animations chorales de messes à l'Ermitage St-Antoine du Lac-Bouchette; concerts spirituels à Shawinigan, Cap-de-la-Madeleine, Québec, Pontbriand, etc.

Tous ces événements furent soigneusement préparés en tant que missions, c'est-à-dire pensés, priés et réalisés comme des proclamations de la Parole de Dieu, en demandant à l'Esprit Saint de se saisir de nous, de nos voix et de nos pauvres efforts pour contribuer à la nouvelle évangélisation du peuple de Dieu.

En mars 2002, nous fûmes demandés pour une journée d'animation catéchétique à l'école primaire de Deschambault. Une porte s'ouvrait pour nous en milieu scolaire. La responsable de l'enseignement religieux en 6e année avait choisi pour thème "les moines". Ayant appris l'existence des Pauvres de Saint-François - "moines" et prophètes - via notre site Internet, ses élèves voulurent nous faire venir dans leur classe. Ce fut pour les 4 frères choisis pour cette mission l'occasion d'un joyeux contact avec les enfants, et de livrer le témoignage de leur vie de religieux et de consacrés, pour la plus grande joie de ces jeunes élèves. (haut)

 

20 Deux missions en terre de France

Août 2003. Trois frères - dont le berger - accomplissent une mission de 15 jours à Thonon-les-bains, en France, à la demande du père gardien des Capucins du lieu ainsi que de l'Association Saint-François-d'Assise de Thonon (ASFAT). Visite exploratoire en vue d'une possible implantation, ...implantation qui ne put se réaliser, l'évêque du lieu ayant manifestement d'autres vues que la survie de la chapelle et du monastère des Capucins. La mission fut quand même propice à de nombreuses rencontres de l'un et de l'autre membre de l'ASFAT, visites de groupes de prière, de communautés religieuses, etc.

En juin 2008, la rencontre providentielle de Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, à l'occasion du Congrès Eucharistique de Québec, allait donner lieu à un événement extraordinaire dans l'histoire de la communauté. à son invitation et sous sa supervision, une mission de toute la communauté dans le diocèse varois de Fréjus-Toulon put être entreprise et réalisée 2 ans plus tard, soit en juin 2010, mission qui donna lieu à toutes sortes de rencontres et de merveilles, les frères exerçant librement les charismes de l'Esprit à la demande même de Mgr l'évêque.

Cette mission avait été préparée dans un premier temps par la visite chez nous en mars 2010 du délégué de Mgr Rey, le père Didier Hascoët.

Il est toujours question pour nous d'une implantation dans le Var, diocèse de Mgr Rey. Il s'agit maintenant de trouver une maison propice à l'accueil des frères ainsi qu'à l'exercice de nos charismes; ce sera là le signe de la Providence, le feu vert donné pour notre implantation. Qu'il plaise au Seigneur d'y donner suite.

Après cette mission, en mai 2011: seconde visite du père Didier Hascoët chez nous, à Trois-Rivières. Il était accompagné cette fois-ci de Mme Audrey Souriau, journaliste à la Radio Chrétienne Franco-phone, venue spécialement pour réaliser quelques interviews à l'intention des auditeurs de RCF Méditerranée. Interviews diffusées du 23 au 26 mai. (haut)

 

21 Porter du fruit par la constance (cf. Lc 8, 15)

Chaque jour, depuis leurs tout débuts, et sans y manquer, les frères se montrent fidèles à la prière, à la messe quotidienne, à la fréquentation régulière du sacrement de pénitence, à leurs 2 temps de prière d'oraison quotidiens, aux Offices divins des Laudes et des Vêpres (la plupart du temps chantés), à leurs temps de lectures spirituelles. Par-dessus tout, ils sont attentifs à l'accueil des visiteurs que le Seigneur leur envoie, et à répondre en hommes de Dieu au courrier reçu, dispensant la lumière d'en haut, témoignant à chacun compassion et miséricorde dans le Coeur du Christ Jésus.

L'exercice des charismes de l'Esprit Saint, en particulier l'exercice du charisme de prophétie, fait partie de notre quotidien. Garder les charismes bien en vie pour le plus grand bien des âmes et de toute l'église, c'est ce à quoi il nous faut veiller jalousement.

Et c'est bien là le désir de l'église elle-même qui s'exprimait ainsi par la bouche de Mgr Rey: "Vos charismes ne vous appartiennent pas, ils appartiennent à l'église: exercez-les!" (le 30 juin 2010). (haut)

 

22 Bénédiction

"Béni soit le religieux qui s'attache à sa Règle! car elle est le livre de vie, l'espérance du salut, la moëlle de l'évangile, le chemin de la perfection, la clef du paradis, le noeud de l'alliance éternelle" (notre bienheureux père saint François).
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Que le Seigneur te bénisse et te garde; que le Seigneur te découvre sa Face et te prenne en pitié!
Qu'il tourne vers toi son Visage et te donne la paix!
Que le Seigneur, frère, te bénisse!
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"Que le Seigneur vous fasse croître et abonder dans l'amour que vous avez les uns envers les autres et envers tous, comme nous-mêmes envers vous: qu'il affermisse ainsi vos coeurs dans une sainteté sans reproche devant Dieu, notre Père, lors de l'Avènement de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints" (1 Th 3, 5, 12-13). (haut)

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