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La lectio divina (La Parole priée)

   
Ta Parole, Seigneur,
une lampe sur mes pas,
une lumière sur ma route.
(Ps 119, 105)

     I. Qu'est-ce que la Bible?

    II. Qu'est-ce que la lectio divina?

  

  III. Pourquoi lire les Saintes Écritures?

  IV. Comment lire la Parole de Dieu?

Introduction

Ces questions se posent, en effet, car ils sont nombreux les Catholiques pratiquants qui lisent absolument n'importe quoi, mais qui jamais ne liront l'Évangile de Celui qui pourtant est leur divin Maître et leur Sauveur.

D'autres, qui s'adonnent à la lecture des Écritures, ont adopté le style "papillon": ils ouvrent au hasard et folâtrent ici et là, comme si la Bible n'était qu'un recueil quelconque d'historiettes et de proverbes commodes ou bizarres.

D'où l'importance de prendre conscience de ce qu'est la Bible: le Livre sacré de la Parole de Dieu.

 I - Qu'est-ce que la Bible?

1.

 

"Les Saintes Écritures contiennent la Parole de Dieu, et parce qu'elles sont inspirées par le Saint-Esprit, elles sont réellement la Parole de Dieu"
(DV 24).

La Bible est le Livre sacré de la Parole de Dieu. Saint Paul fait l'éloge des Thessaloniciens et ne cesse de rendre grâce à Dieu à leur sujet parce que, leur dit-il,
"une fois reçue la Parole de Dieu que nous vous faisions entendre, vous l'avez accueillie, non comme une parole d'hommes, mais comme ce qu'elle est réellement: la Parole de Dieu" (1 Th 2, 13).

Dieu est ici présent dans sa Parole, cette Parole qui est l'expression même de sa Pensée et de sa Présence.


2.

 

Cette Parole est cette même Parole créatrice et toute-puissante qui a présidé à la création du monde. C'est elle "qui a formé les mondes" (He 11, 3), c'est elle "qui soutient l'univers" et le maintient dans l'existence (He 1, 3).

"Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. Par lui, tout s'est fait, et rien ne s'est fait sans lui. En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes; la lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée" (Jn 1, 1-5).


3.

 

Cette Parole de Dieu le Père est une Personne, la deuxième Personne de la Sainte Trinité. Elle est son Verbe, celui qu'il appelle son Fils bien-aimé en qui il a mis tout son amour et qu'il nous demande d'écouter,
car il l'a revêtu de son autorité pleine et entière (Mt 28, 18; Jn 17, 2).

"Celui-ci est mon Fils bien-aimé qui a toute ma faveur: écoutez-le!" (Mt 17, 5).


4.

 

Cette Parole nous avait d'abord été donnée en mots humains par la bouche des prophètes des temps anciens, recueillie et transcrite sur des manuscrits. Car
"dans l'Écriture Sainte, Dieu parle à l'homme à la manière des hommes" (CEC 109).

"C'est l'Esprit Saint qui nous parle aujourd'hui à travers les mots du passé" (Benoît XVI).

"Composés sous l'inspiration de l'Esprit Saint, ces Livres ont Dieu pour Auteur, et ont été transmis comme tels à l'Église elle-même. Pour la rédaction de ces Livres saints, Dieu a choisi des hommes; il les a employés en leur laissant l'usage de leurs facultés et de toutes leurs ressources, pour que, Lui-même agissant en eux et par eux, ils transmettent par écrit, en auteurs véritables, tout ce qu'il voulait, et cela seulement" (DV 11).


5.

 

Mais, "en ces jours qui sont les derniers, Dieu nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, lui par qui aussi il a fait les siècles"
(He 1, 2).

Ce Fils, c'est le Verbe de vie, venu lui-même sur la terre parler aux fils d'Adam. "Il est sorti du Père et il est venu dans le monde" (Jn 16, 28); il est descendu du ciel, il a pris chair de la très sainte Vierge Marie et s'est fait homme.

La Parole de Dieu est éternelle mais elle se fit temporelle en Jésus, homme comme nous: le Verbe se fit chair et habita parmi nous. "Le Verbe sortit du silence, du secret, et vint parmi nous," dit Saint Ignace d'Antioche.

La Parole porte donc un Nom, elle a un Visage, elle s'est révélée "Personne", "Miroir de Dieu", "Image du Dieu invisible": c'est notre Seigneur Jésus Christ.


6.

 

Cette Parole qui nous a créés, c'est elle aussi qui nous a recréés. C'est elle en effet qui nous a fait naître à la vie de la grâce, qui nous a fait enfants de Dieu par le Baptême, cette "plongée" dans la mort et la résurrection du Christ Jésus.

Par le Baptême, nous avons été "engendrés de nouveau d'un germe non point corruptible, mais incorruptible: la Parole du Dieu vivant et éternel"
(1 P 1, 23).

Le Baptême: ce "bain d'eau qu'une Parole accompagne... bain de la régénération et de la rénovation dans l'Esprit Saint répandu sur nous à profusion..." (Ep 5, 26; Tt 3, 5-6).


7.

 

La Parole de Dieu, c'est elle qui nous fait croître dans la vie spirituelle, dans la vie de la foi, pour mener les enfants de Dieu que nous sommes à l'état d'adultes dans la foi.

"Comme des enfants nouveau-nés, désirez le lait spirituel non frelaté (cette Parole, cette Bonne Nouvelle qui vous a été annoncée) afin que, par lui, vous croissiez pour le salut, si du moins vous avez goûté combien le Seigneur est excellent" (1 P 2, 2-3; 1, 25).

"Ton serviteur se laisse illuminer par ta Parole, il s'épanouit à lui rester fidèle" (Ps 19, 12).


8.

 

"La Parole de Dieu a la puissance de construire l'édifice" (Ac 20, 32), c'est-à-dire l'édifice de notre vie spirituelle, aussi bien que l'édifice qu'est l'Église.

Car nous sommes les pierres vivantes qui construisent ce Temple saint qu'est l'Église (1 P 2, 4-5), qui "a pour fondations les apôtres et les prophètes, et pour pierre d'angle, le Christ Jésus lui-même" (Ep 2, 20).


9.

 

La Parole de Dieu a puissance de chasser les démons:
"Quelle parole! Il commande avec autorité et puissance aux esprits mauvais et ils sortent" (Lc 4, 36; Mc 16, 15-18).


10.

 

C'est elle, la Parole de Dieu, qui nous juge, et qui nous jugera au dernier jour:
"Qui me rejette et ne reçoit pas mes paroles a son juge: la parole que j'ai fait entendre, voilà qui le jugera au dernier jour" (Jn 12, 48).


11.

 

Cette Parole de Dieu, c'est elle qui va nous sauver si on y adhère par la foi:
"Recevez avec docilité la Parole implantée en vous (semée en vous): elle a la puissance de sauver vos âmes" (Jc 1, 21) ... "et la puissance de procurer aux fidèles l'héritage, avec tous les sanctifiés" (Ac 20, 32).


12.

 

Car elle est la promesse et le gage de la Résurrection et de la Vie éternelle:
"Si quelqu'un garde ma parole, dit Jésus, il ne verra jamais la mort" (Jn 8, 51; 5, 24).

 II - Qu'est-ce que la lectio divina?

13.

 

La lectio divina, c'est une lecture de la Parole de Dieu faite dans l'Esprit Saint. C'est un temps de ma journée que je consacre à la lecture de la Bible, le Livre de la Parole de Dieu. Il s'agit d'une lecture continue des Saintes Écritures, faite dans la paix et le recueillement, en esprit de prière.


14.

 

Le but de la lectio divina est de pacifier le cœur et de le purifier au contact de la Parole même de Dieu; d'aiguiser en soi cette soif des choses spirituelles et ce désir de la patrie céleste où Jésus m'a préparé une place.

"Comme la biche languit après l'eau vive, ainsi languit mon âme vers toi, mon Dieu. Mon âme a soif de Dieu, du Dieu de vie. Quand pourrai-je aller voir la face de Dieu?" (Ps 42, 2-3).


15.

 

La lectio divina est un moment sacré où l'âme s'abreuve à la source du salut, se laisse instruire de la Pensée de Dieu, à l'école même de Dieu, à l'écoute de sa Voix, de sa Parole.

L'oreille du cœur doit donc être toute ouverte et comme assoiffée d'entendre les mots divins puisque je me trouve devant ses divines paroles, pour les garder, les méditer, en faire mon miel et mes principes de vie.


16.

 

En effet, "dans les Livres saints, le Père qui est aux cieux s'avance de façon très aimante à la rencontre de ses fils et engage conversation avec eux"
(DV 21).

Ce Père très aimant a envoyé sa Parole, son Verbe dans le monde: c'est Jésus, qui a habité parmi nous et qui a mis sa joie à fréquenter les enfants des hommes et à converser avec eux (Pr 8, 31; Ba 3, 38).

Dans l'Évangile, on voit Jésus à maintes reprises prendre plaisir à converser avec ses frères humains, comme par exemple avec la Samaritaine à qui il dit:
"Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit: 'Donne-moi à boire', c'est toi qui l'en aurais prié et il t'aurait donné de l'eau vive" (Jn 4, 10).

Ou avec l'aveugle-né:
- Crois-tu au fils de l'homme? lui dit Jésus. - Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui? - Tu le vois! C'est lui qui te parle. Alors il dit: - Je crois, Seigneur! Et il se prosterna devant lui (Jn 9, 35-38).

Ce dialogue, Jésus veut l'entreprendre et le poursuivre avec chacun de nous, avec chacun de ses disciples qui veut avancer et progresser dans les voies de la vie spirituelle, sur le chemin du Royaume des cieux.

Tout consiste à apprendre à écouter Jésus qui nous parle, lui qui nous écoute (1 Jn 5, 14), lui qui nous exauce (1 Jn 3, 21-22).

"Pourquoi ne pas revenir au Christ Jésus, parler avec le Christ, écouter le Christ? C'est à lui que tu parles quand tu pries, c'est lui que tu écoutes quand tu lis les divines Écritures" (Saint Ambroise, évêque de Milan).

En effet, "jamais un homme n'a parlé comme cet homme!" (Jn 7, 46).

La lectio divina est donc une rencontre avec Jésus, Parole de Dieu, une "fréquentation" de Jésus, pour apprendre à mieux le connaître, à mieux l'aimer, pour qu'il m'embrase d'amour pour lui.

"Notre cœur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous quand il nous parlait en chemin et qu'il nous expliquait les Écritures?" (Lc 24, 32).

"Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle! Nous croyons, nous, et nous savons que tu es le Fils de Dieu" (Jn 6, 68-69).


17.

 

Mais comment répondre à cette Parole, à ce dialogue que Jésus entreprend avec moi? - En mettant sa Parole en pratique en actes et en vérité, en disant oui à sa Volonté qu'il me fait connaître, en acceptant de porter vaillamment ma croix à sa suite.

"Celui-ci est mon fils bien-aimé qui a toute ma faveur: écoutez-le!" (Mt 17, 5).


18.

En résumé, le but de la lectio divina est de faire entrer le croyant, le fidèle, dans le mystère de la Parole de Dieu, de lui donner la connaissance et le goût des Saintes Écritures, et de l'orienter sur le chemin d'une conversion profonde et de tous les jours.

 


19.

 

L'Église recommande vivement aux fidèles cette lecture continue de la Sainte Écriture appelée lectio divina (lecture sainte dans l'Esprit Saint),
"où la Parole de Dieu est lue et méditée pour devenir prière... Cette forme de réflexion priante est de grande valeur" (CEC 1177, 2708).

Et pour montrer combien elle tient la pratique de la lectio divina en haute estime et pour presser les fidèles de s'y adonner,
l'Église y a attaché une indulgence plénière (Annexe IV).

 III - Pourquoi lire les Saintes Écritures?

20.

 

Saint Paul nous dit que les Livres sacrés
"ont été écrits pour notre instruction, afin que la constance et la consolation que donnent les Écritures, nous procurent l'espérance" (Rm 15, 4).

L'Apôtre l'affirme: cette Parole nous instruit, et elle a ce pouvoir de nous donner la constance, la consolation et l'espérance. Au sortir de cet exercice, en effet, l'âme est toute consolée, ragaillardie au service de Dieu, plus forte dans l'épreuve et remplie de la joyeuse espérance dans les promesses de Dieu.

C'est donc un très bon investissement que fait le disciple de Jésus Christ en s'adonnant à cette sainte lecture.


21.

 

Saint Paul dit encore à son fils bien-aimé Timothée:
"En attendant que je vienne, consacre-toi à la lecture... Les Saintes Lettres (les Saintes Écritures) sont à même de te procurer la sagesse qui conduit au salut par la foi dans le Christ Jésus" (1 Tm 4, 13; 2 Tm 3, 15).

Quelle merveille: la lecture des Saintes Écritures a ce pouvoir de donner la sagesse à celui qui s'y adonne en esprit de prière et avec humilité; elle affermit son âme dans la foi en notre Seigneur Jésus Christ en vue de son salut éternel!


22.

 

Saint Paul continue:
"Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser, former à la justice: ainsi l'homme de Dieu se trouve-t-il accompli, équipé pour toute œuvre bonne" (2 Tm 3, 15-17).

Ainsi le chrétien se trouve-t-il rempli de force pour se tenir debout, armé de la Vérité pour ceinture et de la Justice pour cuirasse; avec, pour chaussures, le Zèle à propager l'Évangile de la paix; avec la Foi comme bouclier pour éteindre tous les traits enflammés du Mauvais; portant le casque du Salut, il a, dans la bouche et sur les lèvres, le glaive de l'Esprit, c'est-à-dire la Parole de Dieu elle-même (cf. Ep 6, 14-17).

On peut comprendre maintenant pourquoi certains se trouvent si faibles et si démunis devant les détracteurs de la foi: c'est parce qu'ils ne se nourrissent pas de la Parole de vérité et qu'ils ne croient pas en sa valeur unique et irremplaçable.

Ces temps consacrés à la "sainte lecture", à "prier la Parole", sont donc le moment d'une très bonne affaire. Comme on se prive de grands bienfaits quand on néglige la lectio divina!


23.

 

La Parole de Dieu donne la connaissance incomparable de notre Seigneur Jésus Christ, lui qui est
"le Dieu véritable et la Vie éternelle" (1 Jn 5, 20).

"L'annonce de la Parole à l'école du Christ a pour contenu le Royaume de Dieu (cf. Mc 1, 14-15), mais le Royaume de Dieu est la personne même de Jésus" (Benoît XVI).

Jésus a dit: "Les Écritures, c'est de moi qu'elles parlent!" (Jn 5, 39, 46; He 10, 7). Donc: "Il n'est plus un endroit des Écritures où l'on n'entende résonner le Christ," dit Saint Augustin. Donc: "Celui qui méconnaît les Écritures, méconnaît le Christ", dit Saint Jérôme.

Par la lectio divina, on apprend à connaître notre Dieu, Père, Fils et Esprit. On s'instruit de sa Pensée. On apprend à connaître le Cœur de notre Dieu, lui notre Père tout-puissant, et le Cœur de son Fils bien-aimé Jésus Christ notre Sauveur. On apprend à connaître aussi le Saint-Esprit et son agir. On apprend à connaître le cœur humain et notre propre cœur.


24.

 

La Parole de Dieu donne la connaissance de soi-même. Un exemple: la parabole de la semence (Mt 13, 1-23; Mc 4, 1-20; Lc 8, 4-15), qui nous force à entrer en nous-mêmes pour regarder à quoi ressemble notre propre cœur.

Saint Jacques compare la Parole de Dieu à un miroir dans lequel chacun se regarde pour apprendre à se connaître en vérité.

"Mettez la Parole en pratique. Ne soyez pas seulement des auditeurs qui s'abusent eux-mêmes! Celui qui écoute la Parole sans la mettre en pratique ressemble à un homme qui observe sa physionomie dans un miroir. À peine s'est-il observé qu'il part et oublie comment il était.
Celui, au contraire, qui se penche sur la Loi parfaite de liberté et s'y tient attaché, non pas en auditeur oublieux mais pour la mettre activement en pratique, celui-là trouve son bonheur en la pratiquant" (Jc 1, 22-25).

"Car ce n'est pas en me disant: 'Seigneur, Seigneur' qu'on entrera dans le Royaume des cieux, c'est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux" (Mt 7, 21).

"Qui écoute la Parole et la met en pratique peut se comparer à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, et elle n'a pas croulé: c'est qu'elle avait été fondée sur le roc" (Mt 7, 24-25).

Ceux qui écoutent la Parole et la mettent en pratique, ceux-là sont appelés "ma mère", "mon frère", "ma sœur" par Jésus lui-même (Lc 8, 19-21).

Ceux qui entendent la Parole avec un cœur noble et généreux et qui la gardent, ceux-là produisent du fruit par leur constance (Lc 8, 15).

"Celui qui garde sa Parole, c'est en lui vraiment que l'amour de Dieu a atteint sa perfection. À cela nous savons que nous sommes en Lui. Celui qui prétend demeurer en Lui doit se conduire lui aussi comme Celui-là s'est conduit" (1 Jn 2, 5-6), "...se rendre pur comme Celui-là est pur" (1 Jn 3, 3).

"Voulez-vous comprendre parfaitement et goûter les paroles de Jésus Christ? - Appliquez-vous à conformer toute votre vie à la sienne" (L'Imitation de Jésus-Christ, I, 1, 2).


25.

 

Cette Parole est nourriture pour l'âme, nourriture divine qui a puissance de nous communiquer la vie de Dieu.

"L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu" (Mt 4, 4).

La Mère Église n'a jamais cessé (surtout dans la sainte liturgie) de prendre le Pain de vie et de le présenter aux fidèles, à la table de la Parole de Dieu comme à la table du Corps du Christ (cf. DV 21).

"Jésus est là présent dans sa Parole, car c'est lui qui parle tandis qu'on lit dans l'Église les Saintes Écritures" (SC 7).


26.

Cette Parole a pouvoir de guérir, de guérir de toute maladie:
"Seigneur, dis seulement une parole et ton serviteur sera guéri" (Mt 8, 8).

 


27.

 

La Parole de Dieu a le pouvoir de nous vivifier, c'est-à-dire de nous redonner un regain de vie, de nous stimuler au bien, à la joie, de fortifier notre courage pour porter notre croix et affronter toute épreuve. En effet, la Parole de Dieu est principe de vie.

"C'est l'esprit qui vivifie, dit Jésus, la chair ne sert de rien.
Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie" (Jn 6, 63).

Dans l'Évangile, on voit Jésus qui rencontre une grande foule "et il en eut pitié parce que ces gens étaient las et prostrés comme des brebis qui n'ont pas de berger". Comment Jésus les a-t-il vivifiés, consolés, revigorés? - "Il se mit à les instruire longuement" (Mt 9, 36; Mc 6, 34).

"Si vous demeurez dans ma Parole, vous serez vraiment mes disciples, vous connaîtrez alors la vérité et la vérité vous rendra libres" (Jn 8, 31-32).

La Parole de Dieu nous communique donc l'esprit et la vie et fortifie en nous la vie spirituelle. Notre foi s'en trouve revigorée, et nous pouvons affirmer alors que "le Christ habite en nous par la foi" (Ep 3, 17s). Sa présence en nous devient de plus en plus stable et nous enracine, nous fonde dans l'amour de Dieu et de ses mystères, de même que dans l'amour de notre prochain.


28.

 

La lectio divina pacifie le cœur. Garder cette Parole en son cœur et s'efforcer de la mettre en pratique procure la paix.

"J'écoute: que dit le Seigneur? Ce qu'il dit, c'est la paix pour son peuple, pour ses amis..." (Ps 85, 9).

"Je vous ai dit ces choses pour qu'en moi vous ayez la paix" (Jn 16, 33).


29.

 

La lectio divina remplit le cœur d'une sainte joie:
"L'ami de l'Époux qui se tient là et qui l'entend est ravi de joie à la voix de l'Époux" (Jn 3, 29).

"Je vous dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite" (Jn 15, 11).


30.

La lectio divina embrase le cœur d'amour:
"Notre cœur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous quand il nous parlait en chemin et qu'il nous expliquait les Écritures?" (Lc 24, 32).

 


31.

La lectio divina purifie le cœur:
"Je suis le vrai cep et mon Père est le vigneron. Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il le coupe. Et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde pour qu'il en porte encore plus. Émondés, vous l'êtes déjà grâce à la parole que je vous ai annoncée" (Jn 15, 1-3).

 


32.

 

La lectio divina nous apprend à juger en hommes spirituels:
"La Parole de Dieu est vivante et efficace, plus incisive qu'aucun glaive à deux tranchants; elle pénètre jusqu'au point de division de l'âme et de l'esprit, des articulations et des moelles; elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur" (He 4, 12).

"L'homme spirituel juge de tout et ne relève lui-même du jugement de personne (...) Et nous l'avons, nous, la pensée du Christ!" (1 Co 2, 15-16).

 IV - Comment lire la Parole de Dieu?

33.

 

Se recueillir. Pour comprendre quelle doit être mon attitude quand je me présente devant le Livre sacré de la Parole de Dieu, on peut paraphraser ce que dit Jésus au sujet de la prière:
Pour toi, quand tu veux lire la Parole de Dieu, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte et rencontre en cœur à cœur ton Père qui est là présent dans sa Parole; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra (cf. Mt 6, 6).

"Me retirer dans ma chambre", c'est me recueillir. Alors, je lis en esprit de prière, dans une attitude d'écoute, cette Parole qui est faite pour être écoutée dans le silence du cœur, disant au Seigneur comme le petit Samuel:
"Parle, Seigneur, car ton serviteur écoute!" (1 S 3, 1s).

 


34.

 

Je dois donc me présenter avec un cœur humble et tout petit, car c'est aux humbles et aux petits que sont révélés les mystères du Royaume (Mt 11, 25-26).

Si j'ai cette attitude d'humble et de petit, nul doute que Jésus lui-même (qui est le Verbe, cette Parole de Dieu!) me révélera son Père (qui est aussi mon Père, Jn 20, 17); nul doute aussi que mon Père du ciel me révélera son Fils bien-aimé (Mt 11, 27), et cela mystérieusement, au plus intime de mon âme et dans la foi.

Ainsi, ceux qui m'entourent reconnaîtront que Dieu m'a visité par mes saintes lectures aux fruits qui en découleront.

Je verrai s'affermir en moi l'amour de Dieu et la crainte de Dieu, car la connaissance de Dieu fait grandir dans le cœur l'amour de Dieu, et l'amour de Dieu fait grandir le désir de mieux le connaître et de le connaître toujours davantage.

Je verrai grandir en moi le désir d'éviter tout ce qui pourrait offenser mon Seigneur.

Je serai donc plus attentif à veiller sur moi-même, et plus généreux à faire sa Volonté.


35.

 

Lis avec ton cœur, en toute simplicité, comme un tout-petit.

Ne te casse pas la tête à vouloir chercher à comprendre "ce qui te dépasse" (Si 3, 17-24).

Quand tu ne comprends pas, passe outre, tout simplement, et fais confiance au Seigneur qui te fera comprendre à son heure ce qu'il veut que tu comprennes.

Déchiffrer ta Parole illumine, et ce sont les simples qui comprennent, dit le Psaume (Ps 118, 130).

Qu'on le comprenne bien: le but de la lectio divina n'est pas d'échauffer l'esprit par une étude académique de la Bible. Ce n'est pas une affaire de tête, mais une affaire de cœur. Ce n'est pas un exercice de mémorisation en vue d'un examen.

Son but est de pacifier et de purifier le cœur au contact de la Parole de Dieu, afin de mieux la mettre en pratique.

Se souvenir que beaucoup de grands saints ne savaient même pas lire. Et de plus, en leur temps, la sainte liturgie leur servait la Parole de Dieu en latin! De leur propre aveu, leur grand livre, c'était le crucifix! Ils avaient compris que la Croix de notre Seigneur Jésus Christ est le cœur et le sommet de la vie du vrai chrétien.

Se souvenir aussi que jamais le Seigneur ne nous a demandé de lire beaucoup! Il nous a commandé cependant à plusieurs reprises d'aimer beaucoup! ...Et de beaucoup mettre en pratique ses enseignements et d'accomplir résolument sa Volonté.


36.

 

Lis en vue de mettre en pratique.

La Parole de Dieu n'est pas un livre quelconque, une collection d'écrits, c'est une semence:
"Quelqu'un entend-il la Parole du Royaume sans la comprendre, arrive le Mauvais qui emporte ce qui a été semé dans le cœur de cet homme: tel est celui qui a reçu la semence au bord du chemin" (Mt 13, 19).

La Parole de Dieu s'est faite proche de nous, elle a été semée en nos cœurs afin que nous puissions la mettre en pratique.

"Car la Parole est tout près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur pour que tu la mettes en pratique" (Dt 30, 14).

"La Parole, que dit-elle donc? - 'La Parole est tout près de toi, sur tes lèvres et dans ton cœur,' entends: la Parole de la foi que nous prêchons... Ainsi, la foi naît de la prédication, et de cette prédication, la Parole de Dieu est l'instrument" (Rm 10, 8, 17).


37.

 

Mais, par où commencer?

Il est recommandé de se nourrir d'abord de la Parole de Dieu contenue dans la liturgie du jour: c'est là la nourriture donnée par l'Église aux fidèles de toute la Catholicité pour le jour présent.

Le vrai disciple de Jésus Christ saura placer au premier rang de ses lectures le Saint Évangile de notre Seigneur Jésus Christ, son divin Maître, et les récits de sa Passion "très amère", lue "dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi" (Ga 2, 19b-20), pour apprendre à le connaître, à l'aimer et à accepter de "souffrir pour lui et avec lui, afin d'être glorifié avec lui" (Ph 1, 29; 2 Tm 2, 11-12; Rm 8, 17).


38.

 

Voici un petit schéma pour faciliter la lecture priante de la Parole, la lectio divina.

A. Invoque l'Esprit Saint avant de lire et de méditer la Parole.
Elle est déposée dans la terre de ton cœur: avec quelles dispositions la reçois-tu?

B. Lis - Écoute. La Parole doit être écoutée pour parvenir à l'obéissance de foi à la Parole.

C. Médite la Parole. Qu'est-ce à dire?
- Approfondis la Parole; donc, une réflexion attentive et profonde.
- "Méditer", c'est lire et relire, mâcher et murmurer, ruminer et réciter, fixer dans l'intelligence et conserver dans le cœur.

D. Prie. Parle au Seigneur: ce n'est plus le temps de la réflexion sur la Parole, c'est le temps du colloque, de l'entrée en communion avec la Trinité présente au-dedans de ton cœur. - C'est le temps d'entrer en oraison.

Il est nécessaire que tous conservent un contact continuel avec la Sainte Écriture à travers la "lecture priée de la Bible" (lectio divina)... à travers une méditation attentive, et qu'ils se rappellent que la lecture doit être accompagnée par l'oraison. C'est certainement l'Esprit Saint qui a voulu que cette forme d'écoute et de prière sur la Bible ne se soit pas perdue à travers les siècles.

 Souhait final

Puisse ce même Seigneur, "riche envers tous ceux qui l'invoquent" (Rm 10, 12), ouvrir l'esprit de tous ses disciples à l'intelligence des Écritures, leur donnant de "savourer la belle Parole de Dieu" (He 6, 5) et rendant leur cœur tout brûlant à l'entente de sa Parole (Lc 24, 27, 32, 45).

F. Jacques Roy, berger
Les Pauvres de Saint-François

Mars 2009

    Annexes
 

    I. Catéchisme de l'Église catholique

    II. Vatican II, Constitution "Dei Verbum" (La Révélation divine), 25

    III. Jean-Paul II, "Tertio Millennio ineunte" (Au début du nouveau millénaire), 39

    IV. Manuel des Indulgences, Normes et concessions, Paris, Lethielleux, 2000, p. 91

    V. L'Imitation de Jésus-Christ, IV, 11, 4

    VI. Benoît XVI, le 2 février 2008, en la fête de la Présenta-tion du Seigneur, XIe Journée mondiale de la Vie consacrée

I.
Catéchisme de l'Église catholique
 

La Sainte Écriture: le Christ,
Parole unique de l'Écriture Sainte

101. Dans la condescendance de sa bonté, Dieu, pour se révéler aux hommes, leur parle en paroles humaines: "En effet, les paroles de Dieu, exprimées en langues humaines, ont pris la ressemblance du langage humain, de même que le Verbe du Père éternel, ayant assumé l'infirmité de notre chair, est devenu semblable aux hommes" (DV 13).

102. À travers toutes les paroles de l'Écriture Sainte, Dieu ne dit qu'une seule Parole, son Verbe unique en qui Il se dit tout entier (cf. He 1, 1-3):
Rappelez-vous que c'est une même Parole de Dieu qui s'étend dans toutes les Écritures, que c'est un même Verbe qui résonne dans la bouche de tous les écrivains sacrés... (Saint Augustin).

103. Pour cette raison, l'Église a toujours vénéré les divines Écritures comme elle vénère aussi le Corps du Seigneur. Elle ne cesse de présenter aux fidèles le Pain de vie pris sur la Table de la Parole de Dieu et du Corps du Christ (cf. DV 21).

104. Dans l'Écriture Sainte, l'Église trouve sans cesse sa nourriture et sa force (cf. DV 24), car en elle, elle n'accueille pas seulement une parole humaine, mais ce qu'elle est réellement: la Parole de Dieu (cf. 1 Th 2, 13). "Dans les Saints livres, en effet, le Père qui est aux Cieux vient avec tendresse au-devant de ses fils et entre en conversation avec eux" (DV 1).

Inspiration et vérité
de la Sainte Écriture

105. Dieu est l'Auteur de l'Écriture Sainte. "La vérité divinement révélée, que contiennent et présentent les livres de la Sainte Écriture, y a été consignée sous l'inspiration de l'Esprit Saint".
"Notre Sainte Mère l'Église, de par sa foi apostolique, juge sacrés et canoniques tous les livres tant de l'Ancien que du Nouveau Testament, avec toutes leurs parties, puisque, rédigés sous l'inspiration de l'Esprit Saint ils ont Dieu pour auteur et qu'ils ont été transmis comme tels à l'Église elle-même" (DV 11).

106. Dieu a inspiré les auteurs humains des livres sacrés. "En vue de composer ces livres sacrés, Dieu a choisi des hommes auxquels il eut recours dans le plein usage de leurs facultés et de leurs moyens, pour que, lui-même agissant en eux et par eux, ils missent par écrit, en vrais auteurs, tout ce qui était conforme à son désir, et cela seulement" (DV 11).

107. Les livres inspirés enseignent la vérité. "Dès lors, puisque toutes les assertions des auteurs inspirés ou hagiographes doivent être tenues pour assertions de l'Esprit Saint, il faut déclarer que les livres de l'Écriture enseignent fermement, fidèlement et sans erreur la vérité que Dieu a voulu voir consignée pour notre salut dans les Lettres sacrées" (DV 11).

108. Cependant, la foi chrétienne n'est pas une "religion du Livre". Le christianisme est la religion de la "Parole" de Dieu, "non d'un verbe écrit et muet, mais du Verbe incarné et vivant" (Saint Bernard). Pour qu'elles ne restent pas lettre morte, il faut que le Christ, Parole éternelle du Dieu vivant, par l'Esprit Saint nous "ouvre l'esprit à l'intelligence des Écritures" (Lc 24, 45).

111. Mais comme l'Écriture Sainte est inspirée (de l'Esprit Saint), il existe un principe important (...) sans lequel l'Écriture demeurerait lettre morte: "La Sainte Écriture doit être lue et interprétée à la lumière du même Esprit qui la fit rédiger" (DV 12).

L'interprétation de l'héritage de la foi:
le Magistère de l'Église

84. "L'héritage sacré" de la foi (depositum fidei), contenu dans la Sainte Tradition et dans l'Écriture Sainte, a été confié par les Apôtres à l'ensemble de l'Église. "En s'attachant à lui le peuple saint tout entier uni à ses pasteurs reste assidûment fidèle à l'enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières, si bien que, dans le maintien, la pratique et la confession de la foi transmise, s'établit, entre pasteurs et fidèles, une singulière unité d'esprit" (DV 10).

85. "La charge d'interpréter de façon authentique la Parole de Dieu, écrite ou transmise, a été confiée au seul Magistère vivant de l'Église dont l'autorité s'exerce au nom de Jésus Christ" (DV 10), c'est-à-dire aux évêques en communion avec le successeur de Pierre, l'évêque de Rome.

86. "Pourtant, ce Magistère n'est pas au-dessus de la Parole de Dieu, mais il la sert, n'enseignant que ce qui fut transmis, puisque par mandat de Dieu, avec l'assistance de l'Esprit Saint, il écoute cette Parole avec amour, la garde saintement et l'expose aussi avec fidélité, et puise en cet unique dépôt de la foi tout ce qu'il propose à croire comme étant révélé par Dieu" (DV 10).

87. Les fidèles, se souvenant de la Parole du Christ à ses Apôtres: "Qui vous écoute, m'écoute" (Lc 10, 16), reçoivent avec docilité les enseignements et directives que leurs pasteurs leur donnent sous différentes formes.

La Sainte Écriture
dans la vie de l'Église

131. "La force et la puissance que recèle la Parole de Dieu sont si grandes qu'elles constituent, pour l'Église, son point d'appui et sa vigueur, et pour les enfants de l'Église, la force de leur foi, la nourriture de leur âme, la source pure et permanente de leur vie spirituelle" (DV 21). Il faut "que l'accès à la Sainte Écriture soit largement ouvert aux chrétiens" (DV 22).

132. "Que l'étude de la Sainte Écriture soit donc pour la sacrée théologie comme son âme. Que le ministère de la Parole, qui comprend la prédication pastorale, la catéchèse, et toute l'instruction chrétienne, où l'homélie liturgique doit avoir une place de choix, trouve, lui aussi, dans cette même Parole de l'Écriture, une saine nourriture et une saine vigueur" (DV 24).

133. L'Église "exhorte instamment et spécialement tous les chrétiens (...) à acquérir, par la lecture fréquente des divines Écritures, "la science éminente de Jésus Christ" (Ph 3, 8). "En effet, ignorer les Écritures, c'est ignorer le Christ" (Saint Jérôme)" (DV 25).

La lectio divina
favorise l'oraison et la méditation

1177. Les hymnes et les litanies de la Prière des Heures insèrent la prière des Psaumes dans le temps de l'Église, exprimant le symbolisme du moment de la journée, du temps liturgique ou de la fête célébrée. De plus, la lecture de la Parole de Dieu à chaque Heure (avec les répons ou les tropaires qui la suivent), et, à certaines Heures, les lectures des Pères et maîtres spirituels, révèlent plus profondément le sens du Mystère célébré, aident à l'intelligence des Psaumes et préparent à l'oraison silencieuse. La lectio divina, où la Parole de Dieu est lue et méditée pour devenir prière, est ainsi enracinée dans la célébration liturgique.

2708. La méditation met en œuvre la pensée, l'imagination, l'émotion et le désir. Cette mobilisation est nécessaire pour approfondir les convictions de foi, susciter la conversion du cœur et fortifier la volonté de suivre le Christ. La prière chrétienne s'applique de préférence à méditer "les mystères du Christ", comme dans la lectio divina ou le Rosaire. Cette forme de réflexion priante est de grande valeur, mais la prière chrétienne doit tendre plus loin: à la connaissance d'amour du Seigneur Jésus, à l'union avec Lui.

II.
Vatican II, Constitution "Dei Verbum" (La Révélation divine), 25
 

"...Que volontiers donc ils (tous les chrétiens et surtout les membres des instituts religieux) abordent de tout leur cœur le texte sacré lui-même soit par la sainte liturgie imprégnée des paroles de Dieu, soit par une pieuse lecture (lectio divina), soit par des cours appropriés et par d'autres moyens qui, avec l'approbation et par les soins des pasteurs de l'Église, se répandent partout de nos jours d'une manière digne d'éloges. Qu'ils se rappellent aussi que la prière doit aller de pair avec la lecture de la Sainte Écriture, pour que s'établisse le dialogue entre Dieu et l'homme. Car "nous lui parlons quand nous prions, mais nous l'écoutons quand nous lisons les oracles divins" (Saint Ambroise)."

III.
Jean-Paul II, Tertio Millennio ineunte (Au début du nouveau millénaire), 39
 

"Il n'y a pas de doute que ce primat de la sainteté et de la prière n'est concevable qu'à partir d'une écoute renouvelée de la parole de Dieu. Depuis que le Concile Vatican II a souligné le rôle prééminent de la parole de Dieu dans la vie de l'Église, il est certain que de grands pas en avant ont été faits dans l'écoute assidue et dans la lecture attentive de l'Écriture Sainte. L'honneur qu'elle mérite lui est reconnu dans la prière publique de l'Église... Chers frères et sœurs, il faut consolider et approfondir cette perspective, en diffusant aussi le livre de la Bible dans les familles. Il est nécessaire, en particulier, que l'écoute de la Parole devienne une rencontre vitale, selon l'antique et toujours actuelle tradition de la lectio divina, permettant de puiser dans le texte biblique la parole vivante qui interpelle, qui oriente, qui façonne l'existence."

IV.
Manuel des Indulgences, Normes et concessions, Paris, Lethielleux, 2000, p. 91
 

"Une indulgence plénière est accordée au fidèle qui lit la Sainte Écriture, dans une version approuvée par l'autorité compétente, avec la vénération due à la Parole divine et par manière de lecture spirituelle, pendant au moins une demi-heure. Si le temps est plus court, l'indulgence est partielle.
Si pour un motif raisonnable quelqu'un ne peut lire, une indulgence plénière ou partielle lui est concédée comme ci-dessus s'il écoute le texte de l'Écriture lu par un autre, ou au moyen d'instruments vidéo ou audio."

V.
L'Imitation de Jésus-Christ, IV, 11, 4
 

L'Église nourrit le peuple de Dieu à deux tables: la table de la Parole de Dieu et la table du Pain eucharistique.

"Je sens, Seigneur, que deux choses me sont ici-bas souverainement nécessaires, et que sans elles je ne pourrais porter le poids de cette misérable vie. Enfermé dans la prison du corps, j'ai besoin d'aliments et de lumière.
C'est pourquoi vous avez donné à ce pauvre infirme votre Chair sacrée pour être la nourriture de son âme et de son corps, et votre Parole pour luire comme une lampe devant ses pas.
Je ne pourrais vivre sans ces deux choses, car la Parole de Dieu est la lumière de l'âme, et votre Sacrement, le Pain de la vie.
On peut encore les regarder comme deux tables placées dans les trésors de l'Église. L'une est la table de l'autel sacré sur lequel repose un Pain sanctifié, c'est-à-dire le Corps précieux de Jésus Christ. L'autre est la table de la Loi divine, qui contient la doctrine sainte, qui enseigne la vraie foi, qui soulève le voile du sanctuaire, et nous conduit avec sûreté jusque dans le Saint des saints.
Je vous rends grâces, Seigneur Jésus, lumière de l'éternelle lumière, de nous avoir donné, par le ministère des prophètes, des apôtres et des autres docteurs, cette table de la doctrine sainte."

VI.
Benoît XVI, le 2 février 2008, en la fête de la Présentation du Seigneur, XIe Journée mondiale de la Vie consacrée
 

(Le Pape, venu rencontrer les religieux et religieuses à l'issue de la messe, leur a demandé de nourrir leur journée de prière, de méditation et d'écoute de la Parole de Dieu.)

"Vous qui avez une certaine familiarité avec la pratique ancienne de la lectio divina, aidez aussi les fidèles à la mettre en valeur dans leur existence quotidienne. Et sachez traduire en témoignages ce qu'indique la Parole, en vous laissant façonner par elle qui, comme une semence accueillie dans une bonne terre, porte des fruits abondants. Vous serez ainsi toujours dociles à l'Esprit et vous croîtrez dans l'union avec Dieu, vous cultiverez la communion fraternelle entre vous et vous serez prêts à servir généreusement vos frères, en particulier ceux qui se trouvent dans le besoin. Que les hommes puissent voir vos bonnes oeuvres, fruit de la Parole de Dieu qui vit en vous, et qu'ils rendent gloire à votre Père céleste".

   

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Sigles

CEC : Catéchisme de l'Église Catholique
DV : Vatican II, Dei Verbum, Constitution dogmatique sur La Révélation divine
SC : Vatican II, Sacrosanctum Concilium, Constitution sur La Sainte Liturgie